
(Note préliminaire: faut croire que ce blog a atteint son rythme de croisière d’un article tout les six mois)
En octobre 1981 débute la diffusion de Fang of the Sun Dougram, anime real robot en 75 épisodes réalisé par Ryosuke Takahashi et produit par le studio d’animation Sunrise. Il me semble tout d’abord important de noter que cette diffusion suit d’un peu plus d’un an la fin de celle de Mobile Suit Gundam, qui, comme nous le verrons dans la suite de cet article, a eu une influence importante sur Dougram.
Mais commençons par présenter rapidement le synopsis. En l’an 152 SC (pour Space Century), la Terre, divisée en 7 états regroupés au sein d’une Fédération Terrestre, souffre des habituels problèmes de surpopulation et d’épuisement des ressources et dépend de manière croissante de sa colonie sur la planète Deloyer pour des domaines cruciaux tels que l’approvisionnement en nourriture. Bien entendus, les colons supportent de moins en moins la tutelle de la Fédération, à telle point qu’une rébellion réclamant l’indépendance éclate , poussant le président de la Fédération Denon Cashim à se rendre sur la planète pour mater la révolte. C’est dans ce contexte que le propre fils de Denon, Crinn Cashim, témoin des exactions des soldats de la fédération contre les Deloyriens, va rejoindre un groupe de guérilleros (le fameux « Fang of the Sun » du titre de l’anime) et devenir le pilote du Dougram , Combat Armor conçue par la rébellion.

La plus grande force de Dougram réside avant tout dans son intrigue très bien ficelée où se mêlent tactique militaire, complot politiques et trahisons. Si Gundam est en effet connu pour avoir posé les bases du real robot en esquissant un contexte géopolitique au sein duquel ses personnages évoluent, Dougram pousse cela beaucoup plus loin en plaçant véritablement le “jeu” politique au cœur de l’intrigue. Des courants rivaux s’affrontent au sein de la Fédération sur la manière de lutter contre l’insurrection, certains états terriens soutiennent clandestinement une indépendance qui profiterait à leurs intérêts, et les rebelles se trouvent par exemple confrontés au problème des capitaux terriens qui étranglent Deloyer. Ceci, rajouté à des bouleversements de échiquier politiques assez fréquents, tel l’évincement de tel ou tel officiel de la Fédération, suscite un véritable intérêt pour le scénario. En regardant Dougram, on assiste à l’Histoire en marche.
Je reste un peu plus partagé quant aux personnages, particulièrement au sujet des membres du Fang of the Sun. Si ils « interagissent » très bien entre eux, ouvrant la porte à plusieurs scènes assez comiques, leur background et leurs motivations restent assez peu développés, à l’exception notable de Crinn, qui reste le protagoniste principal. Les membres de la Fang of the Sun sont ainsi ballotés par un conflit qui semble parfois les dépasser. C’est d’une certaine manière tout l’inverse pour les antagonistes dont l’un d’eux saura particulièrement tirer son épingle du jeu au cours de l’anime. Leurs motivations parfaitement claires, qu’elles soit nobles (faire cesser cette guerre en versant le moins de sang possible) ou pas ( la soif de profit), et beaucoup d’entre eux sont en fait tout aussi respectables que leurs homologues rebelles. Il arrive d’ailleurs souvent que l’on se prenne progressivement d’affection pour un personnage présenté dans un premier temps comme une ordure.

(l’échelle n’est pas respectée)
Parlons maintenant des autres héros de l’anime, alias les robots. Encore une fois « l’ancêtre » Gundam nous vient en tête, ceux ci étant avant tout des machines de combat militaires. Mais cette fois, finis le bleu blanc rouge du RX-78 et les mobile suit aux couleurs vives, place au bleu nuit du Dougram et aux divers tons ocres et kakis des Combat Amor. De même, à l’exception du Dougram, adieu les prototypes uniques sortis à chaque épisode et construits en un exemplaire, voici venu le temps des machines presque systématiquement produits en masse (mais qui restent très variées, il faut bien que les vendeurs de maquettes aient du matériel sur lequel travailler =) ). Les silhouettes se font également plus trapues, et les faces des robots, la plupart du temps occupé par le cockpit, se font nettement moins humanoïdes. D’une certaines manière, les combats se font également plus sales , les corps à corps se déroulant le plus souvent à main (mécaniques) nue, en l’absence de tout Beam Saber et autres Heat Hawk et les Combat Armor s’affrontent à grand renforts de taules froissées. Même s’il est un super prototype, le Dougram lui même peine d’ailleurs souvent face à des adversaires pourtant équipés de modèles dépassés. D’une certaine manière, difficile de ne pas penser à cela comme le prémice des Scopedog trouffions de Votoms, lui aussi fruit du « couple » Takahashi/Sunrise, et qui commencera d’ailleurs à être diffusé immédiatement après la fin de Dougram. Enfin, les Combat Armor sont loin d’être les seuls composantes des armées (ou groupes de guérilleros) en présence dans Dougram. Bien qu’étant le fer de lance, celles ci restent dépendantes de l’infanterie, des blindés, et des hélicoptères, que cela soit pour faire masse lors des accrochages, s’attaquer aux points faibles des Combat Armor, ou encore pour les missions de reconnaissances. Les Combat Armor, lorsqu’elles ne sont pas déployées par des hélicoptères de transports, sont même chargées sur des camions pour les déplacement longue distance.
Je précise que le monsieur est suspendu à un télécabine
Mentionnons enfin un petit détail qui généra un peu certains et fera la joie d’autres: Dougram baigne à certain moments dans une ambiance assez 80′s, surtout au niveau des fusillades. Je m’explique: les héros semblent parfois avoir des réflexes d’acier et une aptitudes assez inouïe à viser juste dans toutes les positions ou à éviter les balles, le « syndrome Stormtrooper » jouant à plein régime. Au point que cela rappelle parfois la bataille finale de Commando.
Pour conclure, Dougram se révèle être un très bon anime, disponible depuis un peu moins d’un an sous titré en une langue compréhensible. Je conseille à tout fan de robots ou d’intrigues politiques de foncer dessus, vous ne serez pas déçus du voyage .
Not even Justice, I want to get Truth!

Cela me fait penser qu’il faut que je continue cet anime ; je l’avais découvert par son générique, et quand j’ai constaté qu’il s’agissait d’un Ryôsuke Takahashi, il a fallu que je l’essaye. J’ai bien accroché, mais je n’ai pas eu le temps de poursuivre à l’époque, puis j’ai zappé, cela m’arrive souvent. A reprendre, donc ^^
Excellent article
Ahh Dougram, très bon souvenir pour ma part aussi même si’il faut quand même reconnaître que le schéma de certains épisodes étaient très souvent similaire, notre groupe de freedom fighters se retrouvant souvent face à un obstacle – souvent naturel – celui-ci devant un trouver un moyen pour le surmonter tout en étant poursuivi par les forces ennemies. Une des raisons pour lesquelles j’ai fini par trouver les combats d’infanteries plus intéressant à suivre que ceux impliquant Dougram.
Et puis, l’image de fin du dernier épisode : magnifique.
De la même manière, dans la dernière partie de la série, on peut noter que la plupart des épisodes ont tendance à inclure un combat dans le dernier quart de celui ci: quand il s’agit d’une simple escarmouche pour remplir le quota d’action robotique cela n’est pas dommageable, mais pour les batailles d’envergure, cela semble parfois expédié un poil trop rapidement :/