AAR CSA Darkest Hours: The Bonaparte Legacy Part.IV

IV Pour quelques tonneaux de Bundesweisser : Aout 1941 et la Campagne du Maryland

Le 6 août 1941, alors qu’une activité accrus avait été constatée de l’autre coté de la frontière, l’ambassadeur des USSA remet un ultimatum au gouvernement confédéré, exigeant le « retour des États dérobés » . Devant son refus, le 7 au matin, les USSA déclarent la guerre à la Confédération. Avant même que la Grande Bretagne et le reste de la Grande Alliance n’honorent leur promesse aux CSA, les premières unités de l’Union sont détectées pénétrant dans le territoire de la Nouvelle-Angleterre : Le gouvernement socialiste comptait bien profiter du conflit en Europe pour rétablir les frontières de 1860. Mis devant le fait accomplis, le gouvernement anglais déclare formellement la guerre le 7 août, et la confédération rejoint la Grande Alliance.

La situation des confédérés, si elle n’était pas aussi précaire qu’un an plus tôt, était loin d’être parfaite. Malgré le déploiement des premières unités blindés et motorisés, le gouvernement avait conclus que le plan de guerre contre les USSA conçu dés 1935, c’est à dire une poussée vers Chicago à partir du Missouri, était inapplicable. Fautes de troupes suffisantes, l’avant garde confédéré risquait a tout moment d’être coupée de ses arrières par une offensive déterminée contre le Missouri. Il fut ainsi décidé d’ordonner à l’Armée de Virginie du Nord de Patton d’attaquer à travers le Maryland, avec comme objectif prioritaire la capture des centres industriels de Baltimore, Philadelphie et New York ainsi que la jonction avec les troupes de la Nouvelle-Angleterre et du Canada. Cet axe d’attaque principal impliquerait l’ensemble des troupes blindés de la confédération : bien que la route de progression longe la chaine de montagne des Appalaches, le haut commandement espérait que la vitesse et la surprise empêcheraient les troupes unionistes de se retrancher dans les montagnes et de menacer le flanc de l’attaque. Un axe de poussée secondaire impliquant des divisions d’infanterie devait d’ailleurs viser la ville de Pittsburgh et les grands lacs, bloquant les renforts venus du Midwest et encerclant éventuellement les troupes lancés à l’assaut de la Nouvelle-Angleterre. Plus à l’ouest, le général Hodge devait défendre un espace compris entre les fleuves Ohio et Tennessee, et empêcher à tout prix une poussée de l’Union de menacer la Géorgie. Enfin, le général Stilwell, commandant de l’armée du Mississippi, devait évacuer l’aire situé à l’ouest du fleuve du même nom et empêcher l’adversaire de le franchir, en s’appuyant sur des villes telles que Memphis ou Vicksburg. A regret, le gouvernement confédéré avait déclaré la zone du Trans-Mississippi « indéfendable sur le long terme ». Une défense légère serait monté dans l’Arkansas et à l’est du Texas, et devait permettre l’évacuation d’un maximum de matériel et de brut des champs pétroliers, avant que ceux ci soient sabotés s’ils étaient menacés par l’ennemi : l’objectif étant avant tout d’empêcher la traversée du Mississippi.

Déploiement de l'Armée Confédéré au 7 aout 1941

Déploiement de l’Armée Confédéré au 7 aout 1941

Armée de Virgnie du Nord ( Patton)

15 divisions dont :

3 divisions blindées

2 divisions motorisées

2 divisions de cavalerie

10 divisions d’infanterie

Armée du Tennessee (Hodge)

7 divisions dont :

1 division d’Infanterie de Marine

2 divisions d’infanterie

3 divisions de la Garde Nationale (milice)

Armée du Mississippi (Stilwell)

8 divisions dont :

4 divisions d’infanterie

4 divisions de la Garde Nationale (milice)

Assaut initial de l'armée de Virginie du Nord, 7 aout 1941

Assaut initial de l’armée de Virginie du Nord, 7 aout 1941

Sans perdre de temps, Patton passe à l’action, des ponts flottant permettent à ses blindés de traverser le Potomac, couverte par la CS Airforce, qui profitent de l’absence surprise de chasseurs yankee dans la région. Passant à proximité du champs de bataille de Sharpsburg, ses chars contournent les défenses de Washington et atteignent Baltimore le 10. Ses fortifications inutiles, l’ancienne capitale fédérale est rapidement isolée et coupée du reste de l’Union, des unités de la milice virginienne se chargeant de finir d’investir la ville au coté de la fameuse division Stonewall. Le 12, alors que D.C est en passe d’être totalement occupée, Patton divise ses forces, envoyant ses unités de cavalerie vers l’est menacer Pittsburgh, tandis que les blindées foncent vers Harrisburg, espérant isoler les unités de la milice unioniste stationnées à Philadelphie. Le 14, ses troupes bifurquent vers l’Atlantique afin d’achever la manœuvre, deux divisions étant chargées d’occuper Philadelphie et de disperser les rares troupes de l’Union dans la région , le corps principal, commandé par un Patton qui n’hésite pas à faire lui même la circulation lorsque le mouvement de ses blindés est trop lent à son goût, se dirige vers New York, qui est atteinte le 19. Le 21, après avoir parcourus plus de 500km, les troupes de Patton font la jonction avec les troupes de la Nouvelle-Angleterre qui avancent dans le Connecticut.

csaaar14

La « Marche vers l’Atlantique » de Patton, 14-19 aout 1941. En bas à droite, la milice de Virgnie s’élance à l’assaut du Capitole (Washington, D.C , 14 aout 1941) (Illustration tiré de « World War : The American Front » d’Harry Turtledove)

 

La situation sur le reste du front était loin d’être aussi bonne : bousculés, deux divisions de la garde nationale ne peuvent empêcher la chute de Louisville dans le Kentucky le 14 aout. Marshall lui même ordonne à Hodge de lancer une contre attaque pour rependre la ville, verrou important sur la route du Tennessee. Les troupes de l’Union occupent quasiment sans opposition le Missouri, et malgré le fait qu’aucune attaque ne menace pour l’instant les maigres troupes chargés de la défense de l’Arkansas, l’avancée rapide de l’Union au Nouveau-Mexique et dans l’Oklahoma laisse craindre que celle ci soient rapidement forcées de battre en retraite de l’autre coté du Mississippi. Mais la véritable catastrophe vient du front Canadien : mal préparés, et malgré le fait que les forces importantes stationnées à Vancouver parviennent a capturer la ville de Seattle, le fait que beaucoup de troupes canadiennes furent au moment de la déclaration de guerre occupée à préparer leur embarquement vers l’Afrique laisse la longue frontière entre le Canada et l’Union dangereusement vulnérable. En sous nombre, les canadiens ne peuvent éviter la chute de Toronto, et parviennent a peine à s’accrocher à leur capitale, Ottawa . Mais d’un point de vue stratégique, la chute de la ville de Winnipeg semble bien plus dramatique : en prenant ce nœud ferroviaire, l’Union coupe de fait le Canada en deux, isolant les 8 divisions déployées dans la région de Toronto.

Contre-attaque sudiste pour reprendre Louisville, 17 aout 1941

Contre-attaque sudiste pour reprendre Louisville, 17 aout 1941

L’autre grande victoire confédérée à lieu sur les mers : alors que la flotte Atlantique de l’USS Navy se dirigeait vers le Sud pour bombarder Norfolk, un premier accrochage avec la flotte confédérée à lieu au large de Long Island le 8 août à l’aube : c’est le début de la « Bataille des quatre  jours », série d’engagement qui va contraindre la flotte USS à se replier dans le port de New York. C’est une victoire éclatante pour l’amiral Nimitz, qui commande la CS Navy : au prix de la perte d’un cuirassé, le CSS Virginia, les portes avions confédérés coulent deux portes avions (les USS Saratoga et Ranger) , six cuirassés, et un croiseur. C’est la preuve de l’obsolescence des cuirassés et du début de l’age d’or de l’aéronavale. Néanmoins, le porte avion CSS Manassas est lourdement endommagé, et Nimitz préfère retourner à Norfolk pour des réparations d’urgence, espérant pouvoir intercepter la flotte unioniste lorsqu’elle devra évacuer vers la Californie, via le Cap Horn.

Premier engagement entre la flotte de Nimitz et l'USS Navy

Premier engagement entre la flotte de Nimitz et l’USS Navy

Malgré les revers canadiens, le bilan des deux premières semaines est très positif pour les forces de la Grande Alliance : si les USSA ont perdus l’équivalent de 120000 hommes (pour la grande majorité fait prisonniers lors des chutes de DC et Philadelphie), celles de l’Alliance n’atteignent que 35 000 (15000 confédérés et canadiens, et 5000 soldates de la Nouvelle-Angleterre). De plus, la façade Atlantique des USSA est entièrement occupée, et un assaut vers la Rust Belt, autre cœur industriel de l’Union peut être envisagé. Néanmoins, le potentiel industriel de l’Union reste largement supérieur à la Confédération, ce qui laisse craindre les pires difficultés si la guerre venait à trop se prolonger. De même, la perte quasi certaine des champs pétrolifères du Texas, parmi les plus grands du monde , pourrait fortement endommager l’industrie de l’Alliance…

Notes de fin: Les deux dernières parties trainant depuis 2 ans dans mes brouillons, j’ai décidé de finir par les poster ici, histoire qu’elles ne soient pas perdues. En revanche, j’ai abandonné ma partie peu après la fin de la 4éme, non pas en raison d’une flemme subite (promis) mais en raison de la relative indolence de l’IA, celle me laissant par exemple capturer Chicago et l’ensemble de la Rustbelt en quelques mois, se contenant d’incursion limités dans la région du Trans Mississippi.

AAR CSA Darkest Hours: The Bonaparte Legacy Part.III

III Le Réarmement du Sud

    We are a band of brothers and native to the soil
Fighting for our Liberty, With treasure, blood and toil
And when our rights were threatened, the cry rose near  and far
Hurrah for the Bonnie Blue Flag that bears a single star!

The Bonnie Blue Flag

 

La chute de l’Empire Allemand laissait la Confédération dans la situation géopolitique la plus délicate qu’elle eut connus depuis son indépendance. La « paix armée » qui avait eu lieu depuis 1863 pris fin en 1915 par un traité de non agression et de coopération militaire signé entre les présidents de la Confédération et de l’Union, Wilson et Roosevelt, le Royaume Unis jouant les entremetteurs. Ce traité permis non seulement de tenir le continent nord américain hors de la boucherie qui dévastait alors l’Europe, mais favorisa également l’intervention de l’Union dans le conflit un an plus tard, aux cotés de l’Angleterre; la Confédération ne participant au conflit qu’a travers l’envoi de d’observateurs. Cette nouvelle « Entente Cordiale » entre les deux états permis à la Confédération de réduire progressivement la taille de son armée, celle atteignant moins de 200 000 hommes en 1940, tous volontaires. La « Seconde Révolution » et l’instauration des USSA n’impressionna pas beaucoup la population confédérée, d’autant plus que la Grande Bretagne avait garantis « la sécurité de la Confédération contre toute agression extérieure », au même titre que le nouvel état de Nouvelle-Angleterre, proclamé en 1937.

Néanmoins, la victoire des armées françaises changeait fondamentalement la donne : non seulement le voisin nordiste de la confédération était décidé à récupérer sa souveraineté sur les états « lâchement dérobés » en 1935, si ce n’est sur l’ensemble du territoire confédéré ; mais la Grande Bretagne avait les mains liés par les théâtres d’opération européen et africain. Les hauts cris poussés par les politiciens confédérés n’empêchèrent pas le Canada d’expédier de plus en plus de divisions de l’autre coté de l’Atlantique, dégarnissant sa frontière avec son voisin socialiste et faisant douter de la capacité de la Grande Bretagne à tenir ses promesses.

Les unités confédérées en formation en 1941

Les unités confédérées en formation en 1941

 

Byrd disposait enfin d’un contexte favorable pour imposer son ambitieuse politique de réarmement. En effet, les deux premières années de son mandat, l’efficacité de sa politique en la matière avait été très largement limitée. Certes, sur le plan de la doctrine des généraux tels que Marshall ou Patton étudiaient avec attention les doctrines de « l’assaut blindé » que la France mettrait en application lors de sa campagne de l’été de 1940. Coté matériel, de grands efforts avaient été effectués pour moderniser l’armée confédéré : les fonderies Tredegar avait par exemple mis au point un fusil semi automatique qui n’avait à l’époque pas d’équivalent. De même , les blindés Mark 3 « Lee » vieillissant allaient courant 1942 commencer être progressivement remplacés par le nouveau char Mark 4 « Forrest » équipé d’un canon de 75mm en tourelle, qui était alors à l’essai. Néanmoins, l’armée confédérée ne recrutant que sur la base du volontariat, les effectifs venaient à manquer pour constituer de nouvelles divisions. La menace croissante posée par les Etats Socialistes donna la base politique à Byrd pour réintroduire le service militaire obligatoire d’un an, une première depuis 1915. Malgré de fortes oppositions dans certaines couches de la société, ce programme permis de commencer l’entraînement de plusieurs nouvelles divisions, notamment blindées ou motorisées, Byrd prévoyant de faire passer l’armée confédérée à 400 000 hommes. Le fait que les premières unités ne seraient prêtes qu’au printemps 1941 faisait néanmoins craindre a certains que la confédération s’y soit prise trop tardivement…

Un blindé M4 "Forrest" lors d'essais en Géorgie

Un blindé M4 « Forrest » lors d’essais en Géorgie

 

Advance the Flag of Dixie! AAR HOI Darkest Hour: The Bonaparte Legacy Part.II

Come, all ye sons of freedom, and join our Southern band,
We are going to fight the Yankees, and drive them from our land.
Justice is our motto, and providence our guide,
So jump into the wagon, and we’ll all take a ride!

The Southern Wagon

Partie II: La Guerre civile mexicaine et le début de la guerre en Europe

L’autre défi majeur auquel fut confronté le président Bailey fut la surprise causée par le début de la guerre civile qui secoua l’empire du Mexique. Le 1er mai 1937, des révolutionnaires soutenus par les USSA s’emparèrent de la plupart des villes du nord du pays, notamment Monterrey, et des insurrections tentaient partout ailleurs de renverser le pouvoir. Seul le refus de la garde nationale de Mexico de se mutiner parvint à sauver le gouvernement. Poussé par les milieux d’affaire furieux de voir leurs investissements dans la manne pétrolière mexicaine menacés, et par la crainte de se voir encerclé par des états socialistes, le gouvernement confédérés décide d’autoriser l’envoi de brigade de « volontaires » de 15000 homme, en réalité composée en grande partie de soldats confédérés. Ceci, combiné aux nombreuses incursions menées par les troupes confédérées stationnées au Texas sous les ordres du général Patton, devait fournir un appuis précieux au gouvernement mexicain. En effet, dés le début 1938 il apparaissait clairement que le mouvement révolutionnaire mexicain était condamné sur le long terme : les troupes du gouvernement mexicain tenaient fermement la basse Californie, coupant le lien entre les rebelles et les Etats Socialistes. De plus, l’échec de l’offensive vers Mexico et la chute de la capitale des rebelles, Monterey, durant l’hiver 1937 sonnaient définitivement le glas des espoirs de victoire rapide des révolutionnaires. Sous équipés, refluant lentement vers le Rio Grande attentivement surveillé par la Confédération, les révolutionnaires ne déposèrent néanmoins les armes que dans le courant 1940.

La situation au Mexique au début de l'insurrection et à l'été 1938

La situation au Mexique au début de l’insurrection et à l’été 1938

C’est dans ce climats tendus, fruits des tensions raciales et des menaces aux frontières que se tint l’élection présidentielle confédérée de mars 1939. La forte poussée de Long dans les états frontaliers avec l’Union (et sa nouvelle victoire en Louisiane) n’empêcha pas le candidat du partis progressiste, Alben Barkley, d’être largement battus par le démocrate Harry Byrd. La campagne démocrate fut en effet plombée par les désastreuses émeutes raciales de l’année passée, et par les accusations de faiblesse à l’encontre des USSA. Byrd se fit élire en affirmant que les États Confédérés se tiendraient « prêt à faire face à n’importe quelle menace , tant intérieure qu’extérieure ». Il émit également la volonté d’un réarmement confédéré, même si sa marge de manœuvre en la matière allait s’avérer faible.

En Europe, l’arrivée au pouvoir du Front National-Socialiste en France entraîna un pourrissement rapide de la situation. Après avoir « nettoyé » la classe politique française de ses opposants , du membres du PCF jusqu’au cadres de l’Action Française jugée trop « modérés », Deloncle dénonça dés 1936 les traités de paix signés avec la Grande Bretagne et l’Allemagne, réoccupant la zone démilitarisée faisant face à l’Alsace-Lorraine, et entrepris une remilitarisation rapide la France. L’accent fut mis sur la création de divisions cuirassées et l’intégration croissantes des « chevaliers » du Partis dans l’armée française. Un accord militaire est également signé avec l’Italie et la Pologne, donnant naissance à l’axe Rome-Paris-Varsovie. Désireux de rétablir la France dans ses frontières , Deloncle obtient début1939, après avoir fait pression sur la Belgique, le retour du Pas de Calais dans le giron Français, lors du traités de Strasbourg, signé avec l’Allemagne et la Grande Bretagne.

En avril 1940, désireux de rééditer ce coup diplomatique, Deloncle exige de la Belgique qu’elle lui cède l’ensemble de la region wallone « possession légitime de la France, puisque francophone ». Devant le refus de la Belgique, les colonnes blindés françaises pénètrent en Wallonie le 23 avril, au matin . Le lendemain au soir, Grande Bretagne et Empire Allemand, dans une déclaration conjointe, déclarent la guerre à la France. Dans la foulée, la Pologne rejoint la guerre du coté Français, et les troupes polonaises lancent leurs premières attaques vers la Prusse, visant Dantzig et Königsberg. A ce moment, les chars français entrent déjà dans Anvers, bousculant les débris de l’armée belge. Le 26, c’est au tour de l’Italie d’entrer en guerre et de se lancer à l’assaut de l’Autriche.

Situation le 24. En vert, les territoires occupés par l'Axe, en rouge, celui occupé par la grande Alliance.

Situation le 24. En vert, les territoires occupés par l’Axe, en rouge, ceux occupés par la grande Alliance.

Si à l’est, la Deutsches Heer parvient aisément à contenir l’assaut polonais, à l’ouest, l’afflux massif de char français lui fait perdre très rapidement le contrôle de la situation. Le 2 mai, après avoir pris Lièges et Aix-la-chapelle, les avants gardes françaises sont déjà à Essen et Munster, tandis que le gros de l’armée allemande est toujours regroupé en Alsace et au Luxembourg. Le même jour, des troupes françaises pénètrent sans déclaration de guerre aux Pays Bas. Mais l’estocade est portée, début main, par la percée des troupes de montagnes italiennes dans les alpes autrichienne, et leur irruption en Bavière. Dépassée, l’armée allemande se voit contrainte d’évacuer Munich, quasiment sans combats. Les deux pointes de l’assaut de l’Axe menacent d’encercler rapidement les forces du Reich. Le 28, après que les armées italiennes et françaises aient fait leur jonction à Fulda, tout espoir est alors perdus pour l’Allemagne de rétablir la situation militaire. Le Kaiser Guillaume III fuit en Angleterre et le gouvernement Allemand demande un armistice.csaaar8

Alors que le premier ministre britannique, le travailliste Oswald Mosley , annonce que son pays « poursuivra la guerre jusqu’à la victoire finale », Deloncle entreprend de remodeler l’Europe. La frontière de la France est désormais fixée au Rhin, le pays annexant purement et simplement la Belgique, les Pays Bas, l’Alsace-Lorraine, la Sarre et une partie de la Rhénanie, et un « protectorat français » de la Ruhr est crée. La Pologne, elle, annexe la Prusse et une partie de la Silésie. Enfin, s’ils ne font pas formellement membres de l’Axe, des gouvernements nationaux socialistes sont mis en place en Allemagne et en Autriche : le héros de la grande guerre Herman Goering accède au pouvoir dans l’ancien Reich, tandis qu’en Autriche, un certain Adolf Hitler, qui avait fuit en Italie suite au  coup d’état avorté de 1936 et l’assassinat du chancelier Dolffus, est nommé chancelier. Fin 1940, un royaume fantoche des Pays-Bas sera également établis.

L'Europe aprés la capitulation Allemande.

L’Europe après la capitulation Allemande.

 Néanmoins, cette soudaine prise de pouvoir n’est pas acceptée par l’ensemble de la population Allemande. C’est ainsi que le 14 juin, depuis Londres, le général allemand Rommel, réfugié dans la capitale anglaise après la défaite, annonce la création du « comité de l’Allemagne Libre » (Nationalkomitee Freies Deutschland ou NFK) autours de la personne du Kaiser Guillaume III. Ce comité obtient rapidement le ralliement des colonies allemande d’Afrique centrale et des quelques unités stationnés dans la région. Ces renforts allaient s’avérer précieux pour la Grande Alliance : le 20 aout 1940, devant l’avance des troupes italiennes de Lybie, l’Egypte, pourtant protectorat anglais, annonce qu’elle rejoint l’Axe et sa détermination « à chasser l’occupant anglais ». Seule une contre attaque anglaise montée in extrémis à l’automne avec l’aide des troupes fidèles au NFK permet d’empêcher l’Axe de couper le canal de Suez. L’année suivante, l’Afrique s’embrase le long d’un front de plusieurs milliers de kilomètres ; allant du désert du Sahara jusqu’au Caire ; en passant les colonies Italiennes d’Afrique équatoriale.

Front Africain aprés un an de guerre, été 1941 (en rouge les territoires contrôlés par l'Axe).

Front Africain aprés un an de guerre, été 1941 (en rouge les territoires contrôlés par l’Axe).

Rommel en viste aux troupes allemandes stationnées au Soudan

Rommel en viste aux troupes allemandes stationnées au Soudan

Advance the Flag of Dixie! AAR HOI Darkest Hour: The Bonaparte Legacy Part.I

Avant Propos:

Hearts of Iron 2 et ses dérivés peuvent assez facilement être considéré comme le jeu sur lequel j’ai passé le plus de temps. On peut assez facilement multiplier par deux les 104 heures que Steam m’indique avoir passé sur le jeu, étant donné que je lance le plus souvent sans passer par celui ci. Ajoutez à cela les centaines d’heures sur la version vanilla et ses divers mods (Mod 33 , EWWII ou Kaissereich pour ne citer que les principaux) depuis 2007 et l’on obtient un résultat assez … effrayant.

En l’occurrence, Darkest Hour peut être considéré comme HOI « 2.5 » tant de nombreux aspects du jeu ont été franchement amélioré. Le nombre de provinces a été considérablement augmenté, le moteur de combat a été rendus plus crédible, et autre point non négligeable, la vitesse du jeu a été facilement augmenté d’un facteur deux ou trois pendant les fins de parties encombrés. Bref, le jeu permet de revivre la seconde guerre mondiale (et un gros bout de la guerre froide (sans oublier qu’il existe une campagne dédiée à la première)) dans des conditions plus qu’agréables.

J’ai décidé de faire ce petit AAR après être tombé par hasard sur le mod The Bonaparte Legacy, qui s’il n’est malheureusement pas achevé et contient quelques bugs parfois gênants, à la grande qualité de proposer un univers uchronique dans lequel les Etats Confédérés d’Amérique sont toujours de la partie… En plus d’autres surprises tels que les USA sous le joug des infâmes socialistes, une Union Soviétique contrôlée par Trosky, ou encore un Oswald Mosley qui serait resté travailliste.

Étant donné que mon résumé des événements survenus entre le point de divergence en 1862 («Un incident diplomatique fait entrer la France de Napoléon III dans la Guerre de Sécession du coté sudiste ») et 1936 sera assez parcellaire, je vous invite à vous référer à cette chronologie pour de plus amples détails. J’ai moi même rajouté quelques éléments dans le texte pour mieux « modeler » la situation à mes désirs. Sans plus attendre…

 

Partie I :Le monde en 1936 et situation intérieure de la Confédération.

I wish I was in the land of cotton,
Old times there are not forgotten.
Look away, look away, look away Dixieland!

Dixie , Hymne de la Confédérétation

La Confédération en 1936

La Confédération en 1936

En ce début d’année 1936, les Etats Confédérés d’Amérique pouvaient se vanter d’avoir vécu 73 années de paix ininterrompue suite à la seconde guerre d’indépendance (1861-1863) qui virent la sécession de 12 Etats de l’Union et la création d’une nouvelle nation en Amérique du Nord. Ils s’étaient tenus ensuite avec succés à l’écart de la grande guerre qui avait vue la défaite des Empire Francais, Austro Hongrois et Ottomans face à une collation menée par l’Angleterre et la Prusse.

L’empire Allemand avait été proclamé, tandis que l’Empire russe, pourtant dans le camps des vainqueurs, était tombé aux mains des Soviets.

Néanmoins, la première moitié des années 30 avait vue plusieurs bouleversements dangereux sur la plans international : l’Italie était tombée aux mains des Fascistes de Balbo, et la fragile République française avait vu en 1933 la victoire du Front National-Socialiste d’Eugéne Deloncle, et le retour des Bourbons. Plus grave, la même année, le refus du président des Etats-Unis Hoover de reconnaître la victoire du Partis Socialiste Américain aux élections de l’année précédente conduit à une révolution et la création des États Unis Socialistes d’Amérique (USSA). Si la Confédération put arracher l’occupation du Missouri, du Nouveau Mexique et de l’Arizona (de la même manière que le Canada occupait au même moment les six états de la Nouvelle-Angleterre ) en échange d’un accord avec le nouvel état socialiste, elle se trouvait dans une situation délicate, avec un nouvel état puissant à ses frontières décidé à imposer sa vision de la démocratie et de l’égalité au reste de l’Amérique du nord.

L'Europe en 1936

L’Europe en 1936

Josiah William Bailey fut élus président de la confédération en 1935, en grande partie « grâce » à la gestion calamiteuse de la crise de 1929 par les démocrates, qui s’étaient divisés après la création du partis « Dixie First » par Huey Long, favorable à une politique très agressive envers le USSA et farouchement hostile à la population noire de la Confédération. Le partis progressiste de Bailey remporta ainsi aisément l’élection présidentielle, jurant de restaurer la prospérité et de lutter efficacement contre le « Péril Rouge ».

Si depuis son indépendance, de grands efforts avaient été effectués en vue de l’industrialisation du Sud, son potentiel industriel était tout de même une fois et demi inférieur à celui de son voisin du Nord. Quand à la part de l’industrie que le gouvernement pouvait consacrer à l’armement ou à de grands travaux, elle était plus de deux fois et demi inférieur à un état qui consacrait alors l’ensemble de ses ressources à de grands projets comme le barrage de l’Unité sur le Colorado. Le gouvernement confédéré consacra ainsi ses maigres ressources à un plan d’industrialisation des villes d’Atlanta, de la Nouvelle Orléans et enfin de Charleston, qui était devenue en 1922 la capitale du pays après que les terribles bombardements qu’avaient subis nombre de villes européennes pendant la Grande Guerre aient mis en évidence la vulnérabilité de Richmond. Cela s’ajoutait à un projet d’agrandissement de la flotte confédérée alors en cours, qui prévoyait notamment la construction d’un second porte avion, le CSS Sharpsburg, du nom de la grande victoire du général Lee.

Budget et projets de la Confédération

Budget et projets de la Confédération

Plus de 50 ans après l’abolition de l’esclavage, le problème noir empoisonnait toujours le climat politique de la confédération. Malgré le fait qu’ils représentaient prés d’un tiers de la population confédérée, les noirs ne possédaient que le statut de « résident » de la confédération, qui leur niait tout droits civiques. Divers « arrangements » pris par les planteurs après l’abolition leur avait permis de conserver leurs anciens planteurs comme laboureur, la plupart du temps pour des salaires de misère. La mécanisation croissante de l’agriculture sudiste depuis le début du 20éme siècle avait en plus provoqué un chômage croissant parmi les noirs et un exode massif vers les agglomérations, où les tensions avec les petits ouvriers blancs prirent souvent un tour dramatique, ces derniers craignant la concurrence des noirs pour tout une série d’emplois peu qualifié. Si beaucoup dans l’establishment démocrates et de progressistes étaient conscients que la situation risquait à terme de devenir intenable, peu osaient mettre en avant la moindre proposition concrète, de peur de favoriser la montée de « Dixie First ».

csaaar5

Les événements prirent une tournure tragique avec le « printemps sanglants »de 1937 au Missouri. L’État ayant été récemment annexé par la confédération, la population noire supportait très mal l’établissement progressif de lois ségrégationnistes, et des manifestations dégénèrent rapidement en émeutes, sans que l’on sache si celle ci furent causé par des manifestants malveillants ou par la répression violente menée par les forces de police et la garde nationale.

Le problème pris une tournure encore plus grave, quand, le 28 août 1937 une raffinerie de pétrole de Houston explosa, faisant 32 morts parmi son personnel. L’attaque fut rapidement revendiqué par un mouvement noir d’obédience marxiste, les Black Panthers, qui réclamaient l’égalité et l’instauration d’un régime socialiste. Les répressions violentes du printemps derniers n’avaient fait que pousser une partie de la population afro-américaine vers le marxisme, et cette attaque marqua le début d’une campagne d’attentats contre différentes cibles affiliées au « pouvoir blanc » et d’acte de terreur politique contre les noirs non favorables au marxisme. Il fut rapidement établis que le mouvement était soutenus et armé par les USSA, bien que ces derniers niaient vigoureusement tout implication, tout en affirma que « Les Etats Unis Socialistes se tiendraient toujours au coté de la liberté ». L’assassinat du gouverneurs du Tennessee en janvier 1938 , marqua le point culminant de la campagne des Black Panther. Le président Bailey, aux abois, alla jusqu’à menacer les Etats Socialistes de guerre (bien que l’armée confédérée n’avait pas les ressources pour mener une telle campagne). Ceux ci choisirent de temporiser, se montrant plus discret et parcimonieux dans leurs livraisons d’armes. Ceci, combiné à une répression brutale et sans pitié de la part de la confédération, qui fit des centaines de morts, parvint à laborieusement réduire l’influence des Black Panther, bien que des attaques continuaient régulièrement à ensanglanter le pays.

La Bataille de Dien Bien Phu

Avant ProPOS

Pour « marquer » les 60 du début de l’Opération Castor, j’ai déterré telle quelle une synthèse ,plus ou moins rédigée dans l’urgence je dois l’avouer, que j’avais rendus dans le cadre d’un cours sur « l’Asie Orientale » l’année passée. Cours consistant en soit à rédiger un rapport d’une dizaine de page sur le sujet de son choix, ce qui ma foi assez plaisant, et m’a permis de faire passer de la lecture de bouquins pour du travail. Notez d’ailleurs que ce n’est pas un travail d’étudiant en histoire, loin s’en faut, je m’excuse donc d’avance d’éventuelles erreurs/imprécisions (et les commentaires sont là pour les pointer) . En espérant que cela intéresse éventuellement 2 ou 3 personnes…

Introduction

Le 7 mai 1954, la chute de Dien Bien Phu marque la fin de la première guerre d’Indochine, et voit la défaite du Corps Expéditionnaire français face aux troupes du général Giap. Alors qu’au début du conflit, les forces du Viet Minh n’était considéré que comme des bandits qui seraient écrasés en quelques mois, Dien Bien Phu , moins d’une décennie plus tard voit la défaite et la capture d’une armée française et de son État Major en rase campagne. Je vais donc tenter de mettre en évidence le processus qui a conduit à cette défaite majeure.

Dans un premier temps, je présenterais l’évolution du conflit en Indochine de la capitulation japonaise jusqu’à la nomination du général Navarre à la tête des troupes françaises en Indochine. Ensuite, je présenterais les facteurs ayant poussé l’État Major français à « enfermer » des troupes dans la cuvette de Dien Bien Phu, ainsi que les réactions du général Giap à ce mouvement. Enfin, je décrirais le déroulement du siège en lui même , ainsi que les conséquences de la chute du camp.

I) Indochine, 1953, situation stratégique et forces en présence

En août 1945, exploitant le vide stratégique crée par la capitulation de l’armée japonaise qui , quelques mois plus tôt, désarmait les garnisons françaises et occupait l’Indochine, les forces du Viet Minh occupèrent Hanoï. Le 2 septembre, Hô Chi Minh proclama l’indépendance du Vietnam. Cette déclaration était évidemment inconciliable avec les projets de la jeune 4éme République Française, récemment libérée de l’occupation nazie, qui souhaitait restaurer son autorité sur un territoire colonisé depuis la fin du XIXéme siècle, et considéré comme la perle de son empire colonial. Les premières troupes françaises débarquèrent dés octobre pour tenter de reprendre le contrôle de la péninsule. L’échec des négociations entre le Viet Minh et la France, ainsi que les insurrections de Haiphong et Hanoï à la fin de l’année 1946, consomment la rupture entre les deux parties : contraint d’évacuer Hanoï et de se réfugier dans le nord du Tonkin, Hô Chi Minh demandait « que chacun mette toutes ses forces à combattre le colonialisme pour sauver la Patrie 1».

Tandis que le Corps Expéditionnaire tenait les centres urbains majeurs, le Viet Minh menait une guérilla contre les troupes françaises et organisait des « zones libérées » dans les secteurs sous son contrôle, qui englobaient jusqu’à 40% de la population vietnamienne2. Les tentatives françaises de nettoyer ces secteurs (Opération Léa, octobre 1947) ne rencontrent qu’un succès mitigé : même si le terrain est occupé, infligeant un sévère coup au potentiel logistique du Viet Minh, le gros de ses forces refuse l’affrontement et conserve son potentiel de combat. Le CEFEO se trouva en effet confronté à une forme de guerre tout à fait différente de celle ayant eu lieu dans les grandes plaines d’Europe de l’ouest . Dissimulé parmi la population, le Viet Minh menait sa lutte au moyen d’embuscade contre les convois français ou d’attentats. Néanmoins, il n’était alors pas en mesure de mener des actions offensives d’envergure, notamment en raison du manque matériel lourd.

En 1949, la fin de la guerre civile chinoise et la victoire des communistes de Mao Zedong fournie au Viet Minh un allié puissant à sa frontière nord. L’aide chinoise afflue, prenant aussi bien la forme que de matériel militaire capturé à l’ancienne armée nationaliste (notamment des obusiers américains3) que de la mise à disposition de camps d’entraînement au delà de la frontière. Le désastre de la RC4, où la fraîchement constitué Division 308 anéanties presque totalement deux colonnes françaises, est l’une des causes qui poussa la France à rechercher le soutien américain, en présentant la guerre d’Indochine comme une prolongation de l’affrontement contre le communisme ayant lieu en Corée. De plus, le gouvernement français offre progressivement des gages d’indépendance au gouvernement nationaliste vietnamien, l’État du Vietnam, crée en 1949 sous la tutelle de Bao Dai, afin de tenter d’exploiter le sentiment national dans la guerre contre le Viet Minh. Il n’entre pas dans le cadre de ce rapport de décrire en détail les relations (complexes) entre Bao Dai et les gouvernements français successifs, néanmoins, il paraît indispensable de signaler que la volonté d’impliquer de manière de plus en plus significative l’État Viet Nam dans la guerre fut un aspect important de la stratégie française en Indochine. Nous discuteront plus tard de la composante militaire de cette coopération.

Entre sa création en 1944 sous l’égide du général Giap et la bataille de Dien Bien Phu , l’Armée Populaire du Viet Nam fit d’énormes progrès, que cela soit sur le plan du matériel ou sur celui des tactiques de combat. La doctrine stratégique du Viet Minh est exposée par Truong Chinh dans « Nous vaincrons certainement 4» et peut être divisée en trois phases. Lors de la première phase, de guérillas, a pour objectif principal la survie, la consolidation, et l’expansion du mouvement de libération. Pour l’atteindre, le Viet Minh utilisait massivement la propagande, par exemple à travers d’un programme d’alphabétisation5 afin de rallier la population à sa cause : Ho Chi Minh était d’ailleurs parfaitement conscient qu’il fallait tout faire pour éviter de dresser la population contre lui . Ainsi, si les assassinats politiques étaient monnaies courantes, les troupes du Viet Minh avaient pour ordre spécifique d’éviter de rudoyer la population. Une importance particulière était également apporté a l’endoctrinement politique des recrues, comme en témoigne la présence de commissaires politiques au sein de la structure de commandement. L’incapacité de l’armée française à extirper la présence totalement la présence communiste dans le delta du Tonkin s’explique d’ailleurs en partie par le fait que le Viet Minh était soutenus par une fractions importante de la population, séduite par des promesses telles que celle d’une réforme agraire.

La seconde phase fut rendue possible par l’aide massive de la République Populaire de Chine, elle consistait en effet, une fois les « zones libérées » sécurisée, en la constitution progressive d’un corps de bataille capable d’affronter le CEFEO. Tout d’abord, l’ouverture des camps d’entraînement chinois aux cadres de l’armée populaire permis une rapide croissance des effectifs de celle ci. Entre mai et septembre 1950, 20000 hommes furent formés dans ces camps, permettant la constitution de trois régiments d’infanterie6. Les fournitures en armement furent également conséquentes, avec des dotations de plus en plus conséquentes en matériel lourd, sous la forme de canon de 75mm, de mortier lourds soviétiques, ou encore d’obusiers de 155mm. L’armement individuel fait également de grand progrès : à l’arsenal hétéroclites d’armes capturées aux japonais et aux français s’ajoutent les fusils Mauser ou les pistolet mitrailleurs type 50 (variantes de la célébre PPSh 41) fournis par la Chine Populaire. Ces nouveaux moyens permettent à Giap de lancer ses premières opérations de guerre mobile. Tandis que l’armée populaire lance périodiquement des attaques massives sur des postes françaises isolés ou monte des embuscade de grande envergure , les troupes régionales ou locales du Viet Minh se chargent d’accélérer le « pourrissement » de la situation dans le delta du Tonkin par la poursuite des opérations de guérillas.

La dernière phase de la guerre populaire, l’offensive générale, s’avéra nettement plus difficile à mettre en œuvre pour Giap. L’offensive sur le delta, menée entre janvier et juin 1951, était prématurée et fut un échec sanglant pour le Viet Minh, qui y perdis prés de la moitié de sa force offensive.7 Le feu concentré de l’artillerie française causa en effet de lourdes pertes aux « vagues humaines » utilisés par le Viet Minh lors de l’assaut de positions défensives . De plus, le fait que la logistique de l’armée populaire reposait en grande partie sur une armée de coolies s’avère à double tranchant : si celle ci lui permet de s’affranchir des axes routiers, et lui permet donc une plus grande souplesse opérationnelle, elle impose de constituer des stock proches des axes d’attaque, parfois plusieurs mois à l’avance. Une offensive prolongée épuisait rapidement ce stock, et ceci s’ajoutait que le ravitaillement d’une colonne Viet Minh en marche ne pouvait emporter que 10 jours de ravitaillement, limitant son rayon d’action à un peu plus de 300km 8. Cette campagne, ainsi que les batailles de Hoa Bin (septembre 1951 – février 1952) et Na San (novembre – décembre 1952) montrent toute la difficulté de s’emparer de points d’appuis retranché sans soutien d’artillerie. Néanmoins, on notera que, dans le premier cas, Giap remporte une victoire défensive en forçant le Corps Expéditionnaire a évacuer ses positions tout en conservant son corps de bataille.

Si les buts de guerre de Viet Minh sont simples – infliger un maximum de pertes à ennemis pour le contraindre à évacuer le pays – ceux du CEFEO le sont beaucoup moins, et cette indécision est renforcée par l’instabilité chronique de la IVéme République (une vingtaine de gouvernements successifs entre la fin de la seconde guerre mondiale et Dien Bien Phu!), l’opinion des différents gouvernements étant par exemple variable quand à la possibilité d’une négociation avec Hô Chi Minh pour obtenir une fin du conflit. Ceci, ajouté au fait que le théâtre indochinois est en concurrence avec les obligations de la France envers l’OTAN en Allemagne pour l’attribution des moyens militaires, se répercute fortement sur le terrain : des situations prometteuses ne peuvent être exploités de moyens , et les renforts envoyés par la métropole ne le sont en général que pour quelques mois.

Le CEFEO dispose néanmoins d’excellentes unités sur le terrain, comme des régiments de la Légion Étrangère ou parachutistes, qui seront impliqués dans plus de 250 opérations aéroportés pendant la guerre 9. Le Corps Expéditionnaire avait une supériorité écrasante sur le Viet Minh en terme de puissance de feu. L’intervention de l’artillerie fut souvent décisive, celle ci étant capable d’écraser sous les obus les troupes Viet Minh et de sauver des unités qui sans cela auraient été anéantis.

Sa faiblesse tient néanmoins dont la manière dont le commandement français appréhendait la guerre en Indochine. Taillée pour des affrontements en Europe, ou elle bénéficierait d’excellentes infrastructures, l’armée française est fortement dépendante des transports motorisés. Si cela lui permettait une très bonne mobilité sur le plan stratégique, elle rendait le CEFEO fortement dépendant des (rares) routes indochinoises. Cela rendait ainsi ses déplacements, et plus particulièrement ses convois de ravitaillement, très vulnérables au embuscades du Viet Minh. Ainsi, en septembre 1949, la moitié des cents véhicules d’une colonne de ravitaillement sont anéantis dans une embuscade10. Dans le même ordre d’idée, l’artillerie ne pouvant que rarement quitter les routes, le rayon d’action dans lequel l’infanterie est couverte par celle ci donc limité à quelques km autour de ces même routes : au delà, le risque d’être pris en étrillés par des unités ennemies en embuscades devient trop important. Pour sécuriser les zones qu’ils contrôle et tenter de juguler l’influence du Viet Minh sur la population, le CEFEO se trouve obligé entretenir une multitude de postes fortifiés à travers le pays, qui absorbent une grande partie de son effectif au détriment d’opérations offensives.

Ce paradoxe s’incarne également dans les unités parachutistes : transportées par avions, elles sont capables de frapper vite et fort d’un bout à l’autre du théâtre d’opération. Néanmoins, une fois au sol, elles manquent cruellement de puissance de feu et de mobilité, et nécessitent d’importants efforts pour être ravitaillées11. De plus, les moyens en avions de transports seront un problème récurrent, au point qu’il faudra trois rotations pour transporter les 950 hommes nécessaires à l’opération Léa12.

Comme pour le Viet Minh, grâce à une aide étrangère, en l’occurrence américaine, la qualité de l’équipement fit un bond au fur et à mesure du développement du conflit. On estime ainsi qu’en 1953, 80% du parc motorisé du Corps Expéditionnaire était composé de véhicules américains. L’autre piste explorée pour sortir de l’impasse fut le jaunissement du Corps Expéditionnaire : l’Armée Nationale Vietnamienne fut officiellement constituée en juillet 1951. Certain de ses bataillons furent d’abord intégrés au sein des régiments « réguliers » du CEFEO afin de les former « sur le terrain ». En 1953 , l’ANV compte sur le papier 160000 hommes dont 40000 au sein de bataillons d’infanterie légère, censés prendre en charge les missions de pacification, mais en pratique d’une efficacité très relative13.

II) L’opération Castor : projection puis encerclement des troupes français à Dien Bien Phu

Quand, en mai 1953, le général Navarre prend le commandement du Corps Expéditionnaire , la situation sur le plan stratégique est la suivante. Constatant la probabilité de plus en plus faible d’une victoire totale en Indochine, le gouvernement lui avait attribué comme objectif de créer une situation favorable à une sortie honorable de la guerre14. Sa première initiative fut de recourir de manière plus massive à l’ANV pour les taches « statiques » telles que les défense de postes, et d’utiliser les troupes du CEFEO ainsi libérer pour constituer un corps de bataille . Le Viet Minh menaçait alors de frapper en deux endroits : vers le Tonkin, en infiltrant des unités dans le périmètre français pour augmenter l’intensité des opérations de guérillas dans ce secteur, où plus au nord, vers le Laos, afin de déstabiliser le régime en place dans ce pays en profitant du fait que peu d’unités françaises étaient en mesure de s’opposer à une avancée Viet Minh dans ce secteur. L’objectif du CEFEO pour la campagne de 1953-54 était d’affaiblir suffisamment l’adversaire pour pouvoir réduire la pression sur le delta du Tonkin le temps que l’ANV soit suffisante en terme d’effectifs et de capacité militaire pour lui suppléer efficacement .

Pour remplir cet objectif, la décision d’établir une base aéroterrestre dans la cuvette de Dien Bien Phu, au nord est du Vietnam, reposait sur plusieurs observations. En premier lieu, elle constituerait pour le Viet Minh une surprise opérationnelle de taille : l’occupation soudaine d’un des axes logistiques important pour une éventuelle offensive vers le Laos, la projection massive de troupes parachutistes étant censée prendre le Viet Minh de vitesse et l’empêcher de réagir à l’occupation de la cuvette. La vallée disposait également d’une ancienne piste atterrissage établie pendant la seconde guerre mondiale, utile pour acheminer du matériel lourd sur place par avion. Une fois établies, l’intérêt d’une telle position était double. Ravitaillées par un pont aérien, les troupe présentes sur place pourraient établir un camps retranché, soutenus par une solide artillerie, capable de repousser et d’user l’Armée Populaire si d’aventure Giap se laissait tenter par l’appât et décidait de tenter d’enlever par la position par la force. Les camps fortifiés étaient alors considérés par l’État Major français comme imprenables, impression renforcée par l’expérience acquise au cours des affrontements précédents avec le Viet Minh : à titre d’exemple , pendant la bataille de Na San, solidement retranchés, des unités du Corps Expéditionnaire tirent tête à des forces Viet Minh largement supérieures en nombre, leur infligeant de lourdes pertes.

Mais le rôle d’une base à Dien Bien Phu était aussi pensé comme offensif : à partir de ce point d’appuis, la présence française devait « rayonner » dans toute la région, permettant a des unités de lancer des raids sur les dépôts de ravitaillement Viet Minh et décuplant l’activité des partisans Thai, favorable à la France et armés et soutenus par celle ci. Cette menace crée dans un secteur important pour le Viet Minh était d’ailleurs censé pousser Giap à donner l’assaut sur le camps. On notera néanmoins que Dien Bien Phu présentait l’inconvénient majeur d’être éloigné de plus de 400 km d’Hanoï, centre administratif du CEFEO au Tonkin, la base nécessiterait donc un effort important de l’armée de l’air pour acheminer les troupes et le ravitaillement nécessaires à son établissement et son maintien.

L’opération Castor, l’occupation de la cuvette de Dien Bien Phu, débute le 20 novembre 1953 par le largage du 1er Groupe aéroporté (GAP), la première vague consistant en un bataillon du 2éme Régiment de Chasseurs Parachutistes et du 6éme Bataillon de Parachutistes Coloniaux commandé par Marcel Bigeard, rejoint ensuite par le 1er BPC et des unités du génie, ils parviennent à prendre le contrôle de la zone avec des pertes relativement limitées. . Le lendemain, c’est au tour du 2éme GAP ,commandé par Pierre Langlais, d’être parachuté sur Dien Bien Phu, suivis plus tard par les premiers mortier de 120mm , ainsi que d’un bulldozer, qui put commencer à remettre en état la piste atterrissage15. Dans tout les cas, avec l’ouverture du pont aérien le 25 novembre et l’atterrissage du premier C4716, l’opération Castor et la première phase de la bataille de Dien Bien Phu s’avèrent être un grand succès pour le CEFEO.

Pendant que les paras renforcent leurs positions, Giap ne perds pas de temps et commence à réagir à peine quelque jours après le début de Castor. Il fait remonter ses troupes vers la garnison française de Lai Chau, et étrille sévèrement celle ci alors qu’elle évacuait vers Dien Bien Phu, lui infligeant de lourdes pertes. Peu après que le général De Castrie eut pris le commandement de la garnison, devenue le Groupe Opérationnel Nord Ouest (GONO), les divisions Viet Minh prenaient position au nord du camps retranché. Le renseignement français estimait que celui ci ne pouvait maintenir qu’au maximum deux divisions dans la région des Hauts Plateaux17. Ce sont en réalité quatre divisions complètes , dont une d’artillerie et sa logistique ainsi que la célèbre division 308, qui seront acheminé vers Dien Bien Phu dans le courant du moins de décembre, au prix d’un effort logistique considérable. Un ordre de mobilisation général est décrété, qui permets de rassembler plus de 50000 coolies, qui, aidés par 600 camions russes forment l’ossature de la logistique Viet Minh18. Une campagne de bombardement de l’armée de l’air pour perturber cet effort échoua, d’une part à cause de l’insuffisance des moyen de bombardement et de l’inexpérience des pilotes pour ce type de missions, de l’autre parce que les coolies réparaient en permanence les secteurs de routes coupés par les bombardement. Le fait que des routes parallèles soigneusement camouflées étaient continuellement mise en place accroissait encore davantage la difficulté de la mission de l’Armée de l’air.

Des préparations importantes furent également entreprises sur place : les éclaireurs Viet Minh cartographièrent avec précision le camps retranché, recensant les objectifs d’importance. Cet effort sur le renseignement permis de déployer ses pièces d’artillerie, acheminés sur les hauteurs en grande partie par la force musculaire, selon un dispositif qui est l’une des clefs de la victoire Viet Minh. Ceux ci furent placé dans les cavités creusées sur le flanc des collines et soigneusement camouflées, seul le canon dépassant de l’abri. De plus, des charges explosives étaient placées en différents endroits, leur détonation étant censées rendre plus difficile la détection des « flash » correspondant au tir d’un obusier par les observateurs français. Cette configuration avait le désavantage majeur de limiter l’arc de tir d’une pièce à quelques degrés, empêchant de faire feu sur une cible hors de cette arc de tir . Cette perte de flexibilité était compensée par la protection supplémentaire apportée par ces abris, ce qui rendait ardue la neutralisation des pièces par un tir de contre batterie. De plus, le rôle que Giap avait dévolu à l’artillerie imposait la destruction de cibles fixes prédéfinie, comme les postes de commandement, par chaque pièces, rendant moins rédhibitoire ce dispositif. Ce déploiement ainsi que l’ampleur des moyens en artillerie mis à pied d’œuvre par le Viet Minh seront une surprise de taille pour le GONO. Durant le moins de mars, les artilleurs de l’armée populaire effectuent des tirs sporadiques sur le camps, tentant de perturber le trafic sur la piste aérienne. La difficulté à localiser ces pièces, que cela soit par l’observation directe au sol ou depuis des avions de reconnaissance apparaissait déjà, néanmoins, que le fait que l’artillerie de Giap serait rapidement neutralisé une fois qu’elle se serait révélée étant considéré comme établis. Au moment ou les obusiers viets ouvrirait le feu pour régler leur tir, «  les [avions d’observation] Moranes  prendront l’air, et cinq minutes plus tard, l’artillerie Viet aurait cessé d’exister »19.

Alors que l’arrivée des divisions Viet Minh rendaient de plus en plus difficile les sorties de la base de Dien Bien Phu, les hommes de De Castrie se préparaient à recevoir l’assaut. Une série de points d’appuis furent établis sur les collines parsemant la cuvette. Le centre de gravité du camps et le PC de De Castrie furent établies pour protéger le terrain d’aviation, artère vitale pour le ravitaillement du camps retranchés. A l’ouest de la rivière Nam Youm, couvrant respectivement la piste et les installations vitale du camps, telles les hôpitaux de campagne, se trouvaient les positions Huguette et Claudine ; Dominique et Éliane étant établies sur l’autre rive pour protéger l’accès au camps par l’est . A quelques km au nord, étaient placées en « arc de cercle » d’ouest en est les positions Anne Marie, Gabrielle et Béatrice : elle avaient pour rôle d’empêcher le Viet Minh d’occuper les sommets sur lesquelles elles avaient établies, ceux ci pouvant lui fournir de parfaite positions pour bombarder directement la piste d’atterrissage, et menacer le camps dans son ensemble. Enfin, isolée 5km plus au sud et reliée au camps principale par la Route Provinciale 41 se trouvait la position Isabelle, celle ci ayant pour rôle majeur de servir de piste d’atterrissage secondaire et d’accueillir deux batteries de 105mm20. Pendant que les deux camps se préparaient à l’affrontement imminent, à la mi février, il fut décidé qu’une conférence portant sur une éventuelle paix en Indochine sur tiendrait le 26 avril à Genève.

Le 12 mars au soir, les renseignements collectés sur le terrain permettent à De Castrie d’affirmer à son État major : « Messieurs, c’est pour demain, 17h. »21

III ) Le siège du camp retranché et sa chute

Le 13 mars 1954, à 17h20, alors que les hommes de Dien Bien Phu commençaient à penser que l’assaut annoncé n’aurait pas lieu, les premiers obus Viet Minh s’abattent sur le camps retranché. Les PC et les positions d’artillerie sont particulièrement visés : par exemple, 5min après que les six mortiers placé sur Dominique eurent commencé riposter, un obus atteint leur dépôt de munitions. L’explosion qui en résultat neutralisa quatre des tubes22.

Le pilonnage était concentré sur la Béatrice : un obus éclate sur le PC de la position, tuant son commandant et accentuant encore plus la confusion.Profitant de la couverture ainsi crée, les bo doi, progressaient vers les retranchements français, exploitant les tranchés d’approches qu’ils avaient creusés autour de la colline puis se frayant un chemin parmi les barbelés et autres obstacles. A 7h, après prés de 2h de frappes intenses, le bombardement ralentit, et l’infanterie Viet Minh s’élança vers la position. De furieux combat éclatèrent dans les tranchées et nids de mitrailleuses tenus par les hommes de la 13éme demi brigade de la Légion Étrangère . Si les récits des combats sont confus, il est néanmoins avéré que, quelques après minuit au plus tard, les affrontements avaient cessés et que le Viet Minh s’était rendus maître de la position. Le 14, aucune contre attaque ne fut tenté pour reprendre Béatrice, mais deux bataillons furent parachutés en renfort dans la cuvette : le 5éme bataillon de parachutistes vietnamiens, et le 6éme BPC de Bigeard, qui avait quitté Dien Bien Phu après la réussite de Castor. Giap concentre alors ses efforts sur Gabrielle, qui elle aussi couvre l’approche nord de Dien Bien Phu. Le 16, cédant sous le matraquage de l’artillerie et les assauts successifs, les tirailleurs algériens qui défendaient la position finissent par décrocher, scellant le sort de la position. Les premiers jours de la bataille voient ainsi la chute de deux positions clefs pour la défense du camp. La surprise pour l’état major du GONO, c’est avant tout le nombre de pièces d’artillerie que Giap a réussit à faire acheminer sur les hauteurs surplombant le camps, et surtout l’incapacité de l’artillerie française à les repérer et à les réduire au silence. Piroth, commandant de l’artillerie du camps, se suicide avec une grenade.

Après la réussite de la première phase de son offensive, Giap effectue une pause pendant le reste du mois de mars, le temps de recompter ses unités qui ont subis de lourde perte lors des assauts frontaux contre les retranchements (1800 tués au sein des divisions 308 et 312)23. Ses troupes commencèrent à creuser un réseau de tranché autour du camps, afin de l’enserrer et de réduire la distance à parcourir lors d’un futur assaut. Malgré les frappes de l’aviation française, incluant le recours au napalm, et les contre attaques ponctuelles lancés par les paras de Bigeard, ces « travaux » se poursuivront, rapprochant inexorablement les deux adversaires. Au sud , Isabelle se trouve de plus en plus isolée du reste des points d’appuis, la RP41 étant périodiquement coupée.

Alors que le périmètre du camps se réduisait peu à peu, et que la piste était progressivement rendu impraticable se posait pour le GONO le problème de la difficulté croissante du pont aérien : en l’absence de possibilité atterrissage, le ravitaillement devait être parachuté au dessus du camps , l’imprécision de la méthode faisant qu’une part importante de celui ci tombait dans le no man’s land, voir derrière les lignes Viet Minh, d’autant plus que la DCA déployée était une menace constante pour les pilotes. Le pont aérien s’avérait néanmoins suffisant pour reconstituer les stock en munition, et à continuer à parachuter des renforts, alors même que les chances de victoire s’amenuisaient.

Le 30,  Giap repris son offensive, avec cette fois l’intention de réduire les positions à l’est du camps, Éliane et Dominique. De violents assauts se succédèrent alors dans ce secteur, Giap s’emparant rapidement d’une grande partie du secteurs, mais une contre attaque énergique menée par le 6éme BPC et soutenue par des éléments de la Légion et du 5éme BPNV parvint à reprendre à nouveau d’un des points d’appuis d’Éliane. Après plus de deux semaines de durs combats, les deux camps sont épuisés. La position du GONO apparaît alors encore plus précaire : la surface qu’il contrôle ayant encore été réduite, le ravitaillement devenait vraiment un problème crucial, d’autant plus que l’artillerie avait brûlé une quantité importante d’obus.

Pendant la phase finale de la bataille, de mi avril à la chute du camps, Giap entreprit une stratégie de grignotage des positions encore tenus par les français. Les combats dégénèrent en une guerre de tranchée rappelant les batailles de la Grande Guerre, les tranchés adverses ne se trouvant parfois qu’a un jet de grenade les unes des autres. Le Viet Minh cherchait en effet à isoler les positions françaises les unes des autres, en particulier Huguette, qui contrôlait l’accès à la piste : le camps devait être étouffé au fur et à mesure que sa surface se réduisait. Malgré, cela le moral tient bon, les troupes encerclés gardant espoir en une possible opération de secours. Deux opération de ce type était envisagée . L’opération Vautour aurait consisté en une intervention massive de bombardiers américains B29, afin de déverser un tapis de bombes. Néanmoins, en raison des craintes d’une possible réaction de la Chine et dans de doutes quand à la capacité du camp à tenir, même avec ce soutien24. Un autre espoir résidait dans l’opération Condor, c’est a dire une colonne de secours venu du Laos pour dégager le camps. Néanmoins ; les effectifs de celle ci allaient s’avérer trop faible, et surtout arriver trop tard pour permettre de sauver le camps..

Le 6 Mai, Giap lançait son offensive finale, parvenant enfin à chasser les défenseurs d’Éliane de la plus grande partie de la position. La situation des défenseurs devenant intenable et les munitions s’épuisant, un cessez le feu entre en vigueur le 7, à 17h. Armes et radio sont détruite alors que le Viet Minh investit le camps. Le siège de Dien Bien Phu s’achève donc par une victoire éclatante de Giap et la chute d’un camps retranché supposé imprenable. Les pertes sont lourdes pour les deux camps. Pour le GONO, l’ensemble des 15000 hommes engagés lors de la bataille est perdus . Parmi ceux ci, plus de la moitié sont considérés comme des « pertes » (tués, blessés ou portés disparus), le reste est fait prisonnier par le Viet Minh25. Il n’entre pas dans le cadre de ce dossier de discuter du traitement des prisonniers de guerre, mais il me paraît important de préciser qu’une grande partie d’entre eux ne reviendra pas de détention. Si cette hécatombe est le résultat de mauvais traitement, de négligence, ou simplement de l’insuffisance de la logistique peut être sujet à discussions, mais elle n’est malheureusement pas un cas isolée dans l’histoire des conflits militaires. Rapporté aux effectifs du CEFEO, ses pertes ne représentent « que » 3% de l’effectif, un chiffre inférieur aux pertes subies par le désastre de la RC4. Si l’on prend en compte le fait que l’armée de Giap a été très fortement usée par les combats, perdant prés de 23000 hommes26, elles apparaissent à première vue comme surmontable, pour peu qu’un effort suffisant soit fournis par rétablir la situation. Néanmoins, c’est ignorer que ces pertes touchent de plein fouets les deux corps d’élite de l’armée française, la Légion Étrangère et les bataillons parachutistes. La bataille signe ainsi la fin du corps de bataille prévu par Navarre et est en ce sens une grande défaite pour la France, tant sur le plan tactique qu’opérationnel.

C’est néanmoins au niveau stratégique que les conséquences seront les plus visibles, tant l’impact de la chute de Dien Bien Phu sur le déroulement de la conférence de Genève sera important. Le choc fut retentissant dans l’opinion française, déjà lasse d’une guerre qu’elle ne comprenait pas ; contraignant le gouvernement à s’entendre sur des conditions de paix avec le Viet Minh. Un cessez le feu général fut signé dans les mois qui suivirent, la France évacuant au bénéfice du régime d’Hô Chin Minh les régions au nord du 17éme parallèles. La première guerre d’Indochine s’achevait ainsi sur un Viet Nam partagé : le nord contrôle par le communistes, le sud par le régime de Bao Dai, sur lequel l’influence française laissait la place à celle de l’Amérique…

Conclusion

A mon sens, Dien Bien Phu fait partie de ces défaites fondatrices de l’histoire militaire française, au côté de la campagne de France de 1940, et constitue un véritable traumatisme national. Dans les deux cas, malgré l’héroïsme du soldat français, la France fut vaincue, non pas parce que l’ennemi lui était supérieur numériquement ou matériellement, mais parce que ses hauts gradés, s’engonçant dans des schémas préconçues, et négligeant les capacités de son adversaire l’ont conduit à la défaite.

Dans la dernière phase de la bataille, le fait que de nombreux soldats – ne possédant parfois pas de brevet de parachutisme – se soit porté volontaire pour sauter sur la cuvette où se déroulait une bataille déjà perdue , est entré dans la mémoire collective française comme l’expression même du sacrifice suprême, aux cotés de batailles telles que Camerone.

Du coté vietnamien la victoire me semble être une grande source de fierté nationale, un événement fondateur, comme en témoigne les affiches commérant l’événement que l’ont peut toujours voir dans le pays. Présentée comme la victoire de tout un peuple sur le colonisateur, et symbolisée par l’image de paysans transportant à bicyclette le ravitaillement destiné aux troupes de Giap.

« Dans le sable et la boue des rizières/ Nos Aînés ont forgé à vingt ans / Avec leurs souffrances et leurs misères/ La Victoire écrite de leur sang »

1GRAS, Yves, Histoire de la Guerre d’Indochine, Paris, Librairie Plon, 1979 , pp. 154

2WINDROW, Martin, The Last Valley, Londres, Cassell , 2005 , pp, 93

3ibid , pp 151

4GRAS, Yves, Histoire de … , opcit , pp 236

5WINDROW, Martin, The Last Valley, opcit , pp 131

6ibid , pp 158

7ibid, pp. 115

8ibid , pp. 153

9GOYA, Michel, « Indochine : les paras pris au piège de leur réputation » in : Guerres & Histoire 3 (septembre 2011) 58-61

10WINDROW, Martin, The Last Valley, opcit , pp.106

11GOYA, Michel, « Indochine : les paras …» in : opcit 58-61

12GRAS, Yves , Histoire de la Guerre D’Indochine, opcit , pp 190

13WINDROW, Martin, The Last Valley, opcit , pp.192

14ibid, pp.205

15ibid, pp.247

16FLEURY, Georges, La guerre en Indochine, Paris, Librairie Plon, 1994 pp 595

17GRAS, Yves , Histoire de la Guerre D’Indochine, opcit , pp 524

18WINDROW, Martin, The Last Valley, opcit , pp.263-265

19Colonel Piroth, cité dans WINDROW, Martin, The Last Valley, opcit , pp.376

20WINDROW, Martin, opcit, pp.310-313

21ibid, pp.365

22ibid , pp.375

23GRAS, Yves, Histoire de la guerre d’Indochine, opcit, pp. 549

24WINDROW, Martin, The Last Valley, opcit, pp.562-571

25ibid, pp.624

26GRAS, Yves, Histoire de la guerre d’Indochine, opcit, pp.569

Bibliographie:

FLEURY, Georges, La guerre en Indochine, Paris, Librairie Plon, 1994

GOYA, Michel, « Indochine : les paras pris au piège de leur réputation » in : Guerres & Histoire 3 (septembre 2011)

GRAS, Yves, Histoire de la Guerre d’Indochine, Paris, Librairie Plon, 1979

WINDROW, Martin, The Last Valley, Londres, Cassell , 2005

Devilman – L’Apocalypse selon Go Nagai

  

Si, dans nos contrées, Go Nagai est avant tout connu pour avoir donné naissance à un certain Grendizer/Goldorak, je l’ai de mon coté découvert à travers les « nouvelles » adaptations de ses œuvres qui furent réalisées dans les années 90, telles Getter Robo Armageddon ou autres Mazinkaiser. Ce sont ces anime, ainsi que certains articles qui m’ont poussé à m’intéresser aux œuvres originiales  du monsieur. Force est de constater qu’un titre, n’impliquant ,lui, pas de géants d’acier, revenait souvent : Devilman.

C’est donc en m’attendant à une œuvre bourrine et divertissante que je me suis dirigé vers ce titre,impression qui, semble t’il, était confirmée par les premiers chapitres . Ceux ci nous apprennent en effet qu’avant l’essor de l’Homme sur Terre notre planète étaient dominée par des démons, créatures ayant la capacité de fusionner à loisir avec des êtres vivants afin de pouvoir tranquillement se mettre sur la gueule et se dévorer entre eux. Ça à l’air un poil space comme ça, mais en gros imaginez des joyeusetés comme une ptérodactyle mélangé à une plante carnivore géante, bardé de dents et qui crache de l’acide, et vous aurez une idée de la forme d’un démon moyen. Manque de bol pour eux, l’ère glaciaire les a obligés à entrer en hibernation au pôle Sud et a permis l’essor de l’Humanité. Re-manque de bol (cette fois pour nous), le XXéme siècle venu, ceux ci décident de se réveiller pour reprendre le contrôle de la planète, et boulotter les squatteurs qui se sont installés entre temps (comprendre les humains).

C’est sur ces entrefaites que nous faisons connaissance de notre héros, Akira Fudou , garçon timide et un peu couard sur les bords vivant après la mort de ses parents chez son amie d’enfance Miki Makimura. Sa vie de souffre douleur de son école aurait pu tranquillement continuer si n’avaient pas eu lieu ses retrouvailles avec son amis d’enfance Ryo Asuka. Celui ci lui révélera l’existence des démons et de l’unique – et terrible – moyen de lutter contre ceux ci : fusionner avec l’un d’eux pour acquérir ses puissants pouvoirs, et prier pour que votre âme puisse vaincre celle de la Bête et garder le contrôle de votre corps… Akira fusionnera ainsi avec l’un des membres les plus puissant de la race démoniaque, pour devenir Devilman, démon à l’âme humaine.

Ce qui marque assez rapidement dans Devilman, c’est la très grande violence qui se dégage de l’œuvre. Violence graphique d’abord : boucheries sanglantes, corps dissous à l’acide, démembrés, morts brèves ou souffrances prolongées sont légions, et aucune tentative n’est faite pour atténuer ou cacher les effets sanguinolents des combats. Indiscriminée ensuite, en raison du fait que nul ne semble à l’abri des horreurs qui s’abattent progressivement sur l’Humanité, femmes et enfants compris . Ce basculement vers la violence pourrait être symbolisé par l’altération de la personnalité d’Akira après sa « fusion », celle ci permet certes au jeune homme d’acquérir un petit coté badass, mais se manifeste avant tout par le plaisir sauvage que celui ci va prendre à annihiler ses adversaires au combat, au risque permanent de devenir une plus grande menace pour l’Humanité que ceux ci; la lutte entre l’Homme et les démons étant en quelque sorte symbolisée par les pulsions contradictoires qui agitent notre héros.

Alors certes, le lecteur attentif pourra noter un certain nombre d’incohérences, où du moins de situation peu « crédibles » (notez que je ne fais pas référence à l’abondance d’éléments tenant du surnaturel). Mais est ce vraiment gênant ? Je pense qu’un des meilleurs moyen d’aborder Devilman serait de se laisser porter par le tourbillon de violence que constitue l’œuvre, être happé par l’horreur, jusqu’à ce que celle ci se révèle dans sa terrible ampleur. Car Devilman est loin d’être une œuvre linéaire, constituée d’une simple suite d’affrontements entre Devilman et les créatures démoniaques. Non, il s’agit d’une lutte à mort entre l’Humanité et des créatures qui semblent prêtes à lui ravir la place d’espèce dominante, une lutte où le seul moyen de vaincre l’Horreur semble être l’Horreur elle même, une véritable montée en puissance de l’insoutenable.

Plus étonnant, Devilman ne se révèle pas être aussi manichéen que se sont scénario pourrait le laisser penser. Si effectivement , les démons sont des créatures sadiques, assoiffées de sang, et n’ayant bien sur aucune considération pour l’espèce humaine, l’Homme, dans ses pires moments, est t’il si différent ? Comme ne manquent pas, avec une certaine ironie, de le faire remarquer certaines des créatures de l’enfer, les démons ne sont t’ils pas de simples prédateurs pour l’Homme, qui tue bien du bétail pour se nourrir (et pour le sadisme, je vous invite à placer un gamin de huit ans avec un bâton face à une fourmilière), le démon devenant ainsi un élément nécessaire à « l’équilibre » naturel ?  . N’ont t’ils pas après tout la même réaction qu’un homme qui découvrirait que des rats ont colonisés sa cave en sont absence ? Ainsi, ne peut on pas voir en eux, plus que de simples créatures maléfiques, un reflet déformé de tout ce que l’Homme posséderait de mauvais?

Par delà l’affrontement entre humains et démons se profile donc , en quelque sorte, le combat de l’Humanité contre ses pires instincts . A l’image d’Akira Fudou, celle ci ne risque t’elle pas de perdre son âme en cherchant à survivre ? Devilman est ainsi une œuvre marquante, ponctuée de scènes qui risquent de revenir régulièrement hanter le lecteur, une œuvre qui le plongera progressivement dans un océan de violence et de noirceur.

Zambot 3 : Boucherie robotique sur fond de Zanzanzan

La Justice incarnée dans la lame d'un robot géant , son nom est Zambot 3

C’est une histoire qui parle de larmes, de destruction, et du choc entre un robot et des monstruosités aliens. Cette histoire, c’est celle de l’Invincible Zambot 3. Muteki Choujin Zambot 3 est donc un anime diffusé en 1977, produit par le studio Sunrise et réalisé par Yoshiyuki Tomino (qui se distinguera ensuite en réalisant entre autre un petit anime méconnus, Mobile Suit Gundam).

Notre histoire commence donc lorsqu’une race alien, les Gaizok, détruit la planète Baal. Seuls quelques survivants parviennent à se réfugier sur Terre, formant la famille Jin. 200 ans plus tard, les Gaizok, s’attaquent maintenant à la Terre, avec pour objectif d’exterminer purement et simplement l’espèce humaine grâce à leurs bêtes mécaniques. Heureusement pour l’avenir de l’Humanité, la famille Jin n’est pas restée inactive pendant ces deux siècles: grâce aux robots Zambird, Zambull et Zambase, qui peuvent se combiner pour former le fameux Zambot 3, Kappei, Uchuuta, et Keiko sont capables de lutter à armes égales face aux Gaizoks!

Zambot 3 se présente à priori comme un super robot des plus classique: En somme, la plupart des épisodes nous présentent la manière dont la famille Jin va parvenir à déjouer les plans de Killer The Butcher, commandant des forces Gaizok, visant en général à exterminer le plus d’humains possibles et/ou détruire le Zambot. Concernant ce dernier, si on n’atteint pas, niveaux attaques par exemple,  le coté totalement abusé mais indéniablement fun d’un Combattler V (un Choudenji Yoyo reste bien plus drole qu’une Moon Attack), le design en lui même est plutôt réussis (faut dire que la demi lune sur la tete et la paire de dagues en jettent pas mal). On notera également que musicalement l’OST reste aussi assez limitée, avec  la traditionnelle douzaine de reprises de l’opening et  de l’ending, et que visuellement, Zambot 3 accuse son age (euphémisme).

En fait, l’originalité de l’anime pourrait se résumer en deux mots: dommages collatéraux. En effet, lors des scènes de destructions résultant logiquement de l’affrontement de deux adversaires d’environ 57m et 550 tonnes en pleine ville, la plupart des anime du genre restent pudiques, montrant surtout les dégâts matériels. Dans Zambot 3, Tomino prend le partis inverse. Les civils meurent. En grand nombre. Et de manières toutes plus violentes les une que les autres. Ainsi, on assisteras souvent à des scènes où des foules entières sont brulées vives, ou encore broyées sous les débris des bâtiments qui s’effondrent. Ajouter et cela le fait qu’en combattant, le Zambot se montre quasiment aussi destructeur que les horreurs mécaniques qu’il cherche à neutraliser.

Ce n’est bien entendus pas sans influence sur la manière dont le Zambot et la famille Jin vont être perçus par le reste de la population humaine. Rapidement, celle ci manifestera son hostilité de manière croissante à ceux qui s’avèrent pourtant être leurs protecteurs, au point qu’un certain nombre d’entre eux ira , par lâcheté, jusqu’à envisager une reddition à l’envahisseur. On touche ici à un point important: plutôt qu’un protecteur, le robot devient une menace, plutôt que devenir un héros pour l’Humanité, Jin Kappei est rejeté par celle ci, et la famille Jin est obligée de combattre presque seule un ennemis implacable. Tout cela confère une sorte de crédibilité au conflit que nous présente Zambot 3: malgré une structure narrative basé sur le fameux « Ennemis de la semaine », on a le sentiment d’assister à une véritable lutte à mort entre l’humanité et les gaizoks, avec son lot de villes rasées, de réfugiés jetés sur les routes. Une guerre sale, dans laquelle les civils humains sont les premières victimes, à laquelle participe un pilote confronté aux conséquences de ses actes et aux reproches de ses victimes involontaires.

Relativisons tout de même: malgré son audace, Zambot 3 reste une série principalement destinée à un jeune public (comme l’écrasante majorité des show de robots de l’époque). Même si certains épisodes font trembler le spectateur devant le mépris de la vie humaine de Killer The Butcher, d’autres restent (trop) classiques, au point que l’ont en vient parfois à s’ennuyer. Kappei, lui, s’avère assez …horripilant, même si l’on finit par parvenir à s’y attacher. Je pense à particulier à ses cris et à l’intonation de sa voix qui ont une légère propension à vous vriller les oreilles. Les antagonistes, eux, sont présentés comme des bouffons, et leurs interventions deviennent plus un ressort comique qu’autre chose, l’homme de troupe gaizok semblant principalement servir de larbin/souffre douleur à Killer.

En somme, Zambot 3 se révèle être un anime assez inégal, qui, s’il possède indéniablement un certain nombres de qualités et d’idées originales, peine à sortir du carcan de « l’anime de robot destiné aux enfants ». Il en ressort une œuvre assez contrastée, possédant aussi bien des moments de pures gamineries, que de grandes scènes où toute l’horreur des atrocités gaizok apparaît au spectateur. La fin, elle, à la mérite de se révéler surprenante, marquante, et de porter un message assez fort.

L’Amour, le Courage, et la Force dorment calmement au fond de l’océan….